Crépustouflante ?
C’est un néologisme, crépus+époustouflante = « Crépustouflante ».
C’est ma façon de partager avec bienveillance, humour et respect mon histoire capillaire et dermatologique (et c’était plus court pour instagram).
À travers des anecdotes, des recherches faites sur internet, des recettes, des conseils et ma propre expérience.
Je souhaite connaître et comprendre la structure, l’histoire du cheveu crépus et de la peau noire.
Nos cheveux afro et notre peau noire ont un lourd passé qui est souvent oublié et tu, volontairement ou non.
On ne décide pas sans raison du jour au lendemain, d’assumer ses cheveux crépus et sa peau noire car cette action n’est pas sans conséquence.
C’est une façon de penser, de vivre que j’ai choisi et que tu as sans doute également choisi. Se révéler et être réellement soi-même nécessite un temps de réflexion et du courage.
Retourner au naturel, c’est s’assumer, s’aimer tel que nous sommes, en pleine conscience des avantages et inconvénients que cela engendrent.
Un peu d’histoire
L’Egypte antique
À cette époque nos cheveux afro connaissent leur apogée.
Les dreadlocks, naturels ou sous forme de perruque sont portées en signe de distinction des classes sociales.
En effet, cette coiffure est uniquement destinée à la famille royale, aux députés (et oui, il y a des noirs en Egypte à cette période!).
La Traite négrière
Lors de lors déportation, les cheveux des esclaves sont coupés pour éviter la prolifération des poux, mais également afin de détruire la signification des différentes coiffures portées par les esclaves (le peuple africain a toujours entretenu ses cheveux naturels et la coiffure se réfère à leur appartenance sociale, à leur tribu…tout comme le wax, les motifs ne sont pas les mêmes d’une région à une autre…).
En détruisant les fondements sur lesquels reposent une communauté, vous détruisez l’essence même de cette communauté, son existence jusqu’à sa complète disparition.
Épuisés par les dures tâches qu’ils leur sont imposés, ils n’ont guère le temps d’entretenir leur cheveux. À défaut de soins, les esclaves les protègent de la brûlure du soleil avec des chapeaux et des foulards.
Une fois affranchies, les femmes noires libres ont davantage de temps à consacrer à leur propre personne, ainsi qu’à leur cheveux. Leur beauté révélée au grand jour, elles commencent par être courtisées par des hommes blancs. Mais en 1785 le gouverneur Esteban Rodrįguez Miró établit des lois somptuaires (lois qui restreignent les libertés individuelles) qui contraignent les femmes noires esclaves ou libres à adopter un certain code vestimentaire. En particulier, la ‘‘loi tignon » en application de laquelle elles doivent cacher leur cheveux d’un foulard pour éviter de faire concurrence aux femmes blanches, mais aussi pour marquer leur appartenance à la classe inférieure.
Par la suite, elles se servent de ce fameux tignon, « marè tèt » en créole pour continuer à porter des coiffures sophistiquées tout en respectant la loi.
Dans ce contexte historique, tout ce qui touche de près ou de loin au type négroïde est méprisé (peau/cheveu/trait).
Au point que les esclaves désobéissant se voit la tête plongée dans une solution composée de soude caustique comme punition. De graves brûlures sont constatées sur le cuir chevelu, ainsi qu’un changement radical des cheveux, ils deviennent lisses.
Le défrisage est découvert. Garret Augustus Morgan et Mme Walker sont des précurseurs dans ce domaine. Ils développent le marché du cheveu lisse pour tous de façon considérable.
Les esclaves sont classés en fonction de leur couleur de peau (de la teinte la plus claire à la plus foncée), de la souplesse de leurs cheveux (des plus faciles au plus difficiles à coiffer), de leurs traits (des plus fins au moins fins). Toutes ces conditions déterminent leur place dans la société.
Convaincus qu’être noir est une malédiction, afin de s’intégrer et d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à leurs enfants, nombreux sont ceux qui adhérent à l’apologie de la beauté blanche et métissée.
Les années 60
Les cheveux crépus naturels arborés sous la forme d’afro deviennent un symbole d’affirmation, d’appartenance à la communauté noire, de fierté.
Porté par de nombreux militants, anti-colonialistes, activistes afro américains tels qu’Angela Davis, les Black Panthers…
C’est toute une célébration de l’identité noire qui s’opère, les cheveux, la peau, les traits, nombreux sont ceux qui clament que »Black is beautifull ».
Les années 2000
Début du mouvement nappy aux USA, les femmes noires clament haut et fort leur désir et droit de porter leur cheveux naturels. Cet événement a un tel essor qu’il se diffuse dans le monde entier, en Afrique, aux Antilles, en France…
Il faut près de 2 siècles pour que la communauté noire rejette les critères de beauté qui lui sont dictés.
Cependant les habitudes ont la vie dure, en dépit du fait qu’un article paru en 2012 dans le Journal Américain de l’Epidémiologie avise des dangers de l’utilisation du défrisage. En plus des dégâts irrémédiables causés aux cheveux et au cuir chevelu, il s’avère que les œstrogènes qui le composent augmentent les risques d’apparition de fibromes utérins, de problèmes urinaires, ainsi que de la précocité de la puberté.
L’acceptation totale de soi est un long chemin.
Néanmoins, nous sommes sur la bonne voie.
Bienvenue et bonne lecture !
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.